Après plusieurs travaux de recherche sur des sujets bien définis, Dr Mouhamed Nazif Moutawakilou revient à la charge avec une étude consacrée à l’exposition alimentaire aux mycotoxines génotoxiques dans la commune de Cotonou, au sud du Bénin, notamment à l’aflatoxine B1 (AFB1).

Cette étude avait pour objectif d’évaluer le niveau d’exposition alimentaire à l’AFB1 à travers le maïs commercialisé et consommé dans la commune de Cotonou. Trente-huit échantillons de maïs en grains, collectés dans les marchés de Cotonou, ont été analysés par chromatographie liquide à haute performance avec détection par fluorescence. L’exposition alimentaire a été estimée à partir des concentrations mesurées et des données de consommation de maïs.

Les résultats des analyses effectuées montrent des niveaux très variés de contamination des échantillons par l’AFB1, allant de 1 à 104 µg/kg. Parmi les échantillons analysés, 81,57 % présentaient des teneurs supérieures à la limite réglementaire fixée pour l’AFB1. La consommation moyenne de maïs a été estimée à 136,22 kg par personne et par an, soit 0,373 kg par personne et par jour. L’exposition journalière estimée à l’AFB1 s’élève à 0,07074 µg/kg de poids corporel par jour.

Ces résultats révèlent une forte contamination du maïs par l’AFB1 dans la commune de Cotonou et mettent en évidence une exposition alimentaire chronique susceptible de constituer un risque sanitaire pour les consommateurs. Le renforcement des mesures de surveillance, de contrôle de la qualité et de gestion post-récolte du maïs apparaît dès lors nécessaire afin de réduire l’exposition des populations à cette mycotoxine.

L’étude a également permis de documenter la contamination du maïs commercialisé dans la commune de Cotonou par l’AFB1 et d’évaluer l’exposition alimentaire des consommateurs à cette mycotoxine. Des résultats obtenus, il se dégage une forte prévalence de la contamination, avec des concentrations comprises entre 1 et 104 µg/kg et une proportion élevée d’échantillons dépassant la limite maximale réglementaire fixée pour les céréales destinées à la consommation humaine.

La forte consommation de maïs observée dans la population étudiée se traduit par une exposition chronique à l’AFB1, susceptible de constituer un enjeu de santé publique. Pour le chercheur, ces résultats confirment que le maïs représente une source importante d’exposition alimentaire aux aflatoxines et soulignent la nécessité de renforcer les mesures de maîtrise de la contamination tout au long de la chaîne de production, de stockage et de commercialisation.

À partir des résultats de cette étude, Dr Mouhamed Nazif Moutawakilou estime que l’amélioration des pratiques post-récolte, associée à la mise en œuvre de programmes réguliers de surveillance, apparaît essentielle pour réduire l’exposition des populations et améliorer la sécurité sanitaire des denrées alimentaires.

Cette étude apporte ainsi des données récentes sur la contamination du maïs et l’exposition alimentaire à l’AFB1 au Bénin. Des travaux complémentaires portant sur d’autres denrées alimentaires, l’exposition combinée à plusieurs mycotoxines et l’utilisation de biomarqueurs d’exposition permettraient d’affiner l’évaluation du risque et de mieux orienter les stratégies nationales de gestion des mycotoxines.

A.D.