Palais Royal sacré de Docomè à Dangbo : Deux grands sanctuaires rénovés pour restaurer la mémoire des ancêtres de la collectivité AÏDÉ

Dangbo


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Le Palais Royal sacré de Docomè dans la commune de Dangbo est désormais entièrement rénové. Il a été doté de deux sanctuaires flambant neufs, grâce à la volonté de Nicolas Désiré Fassinou et d'autres grands princes d la collectivité AÏDÉ, descendants de l'ancêtre mythique TOGBO-HONSOU. La cérémonie d'inauguration de ces deux édifices s'est tenue le samedi 30 novembre 2024 à Dangbo, en présence d'un parterre d'invités, de la population locale et bien entendu des filles et fils, descendants de la collectivité AÏDÉ.

Revenant sur l'histoire de la localité, le Grand Prince Joseph Kiki-Ouézé, Régent du Trône Royal de Wémè-Holou HOUEZE, 17è et dernier Roi de la Royauté AGLAKOU, a rappelé que « Docomè fut une zone de terre autour de laquelle le Wémè-Holou AGLAKOU, ayant régné de 1710 à 1721, fit creuser un fossé pour en faire une forteresse contre les attaques, agressions et invasions. Ainsi sécurisé, le Wémè-Holou AGLAKOU bâtit son Palais Royal à Docomè, d’où il entama la reconstruction de l’ancien Royaume de Wémè. » Il a ajouté : « Par ce fait, relevant d’une extraordinaire ingéniosité, Docomè devint un lieu sacré, inspirant à l’époque crainte, respect et vénération. C’est pourquoi Docomè doit rester et demeurer un véritable symbole que, malheureusement, de nombreux Wémènou ignorent. » Le Régent Joseph Kiki-Ouézé a estimé que Docomè, en tant que Palais Royal sacré, mérite toutes les attentions. En ce sens, il a adressé, au nom de tous les filles et fils descendants de la collectivité AÏDÉ, ses remerciements à l'artisan de cette grande œuvre, le grand Prince Nicolas-Désiré Fassinou, pour la rénovation des deux sanctuaires à savoir YÔHÔ et HINNOU-VODOUNHÔ.

Pour sa part, Patrice Bonou, Chef de la collectivité royale AÏDE, Chef suprême des Cultes Endogènes de la Royauté AGLAKOU, et Secrétaire général & Porte-parole de la Fédération des Associations des Cultes Endogènes du Bénin (FACEB), est intervenu à la suite du Régent pour souligner l'historique de l'ancien royaume de Wémè, actuelle Vallée de l'Ouémé.

Plusieurs événements avaient marqué l'histoire de ce royaume, fondé par TOGBO-HONSOU, un ancêtre mythique venu de l'Est du Nigéria avec une suite nombreuse. Compte tenu de l'étendue de son territoire et des événements ayant marqué son histoire, depuis sa fondation jusqu'après le règne de YAHASSA-KPOLOU, fils de TOGBO-HONSOU, le Grand Prince Patrice Bonou s'est interrogé sur les raisons de son omission dans la liste des royautés et chefferies traditionnelles énumérées dans le projet de loi transmis par le Gouvernement du Président Patrice TALON à l'Assemblée nationale. 

S'inspirant de cette intervention, le président de la FACEB, Bernard Adjibodoun, a estimé que « à quelque chose malheur est bon » au sujet de cette omission. Il s'est toutefois réjoui de l'attachement porté aux richesses endogènes. Selon lui, des mesures doivent être prises par tous les acteurs pour restaurer l'histoire et la morale dans les cercles familiaux.

Le Chef d'arrondissement central de Dangbo, présent à cette cérémonie pour représenter le maire Maoudo DJOSSOU, a salué cette idée et, en attendant une réponse favorable du maire de Dangbo, a félicité l'initiative de restauration des deux sanctuaires entreprise par le Grand Prince Nicolas Désiré Fassinou.

A.D.