Briser les codes, imposer sa voie : Princesse Benni, visage d’un leadership féminin sans compromis
Entretien Exclusif
Révélée au grand public par la série « APPARENCES », Princesse Benni ne se contente pas d’incarner des femmes fortes à l’écran : elle en a fait un combat au quotidien. Entre parcours atypique, réussite entrepreneuriale et engagement social, elle défend un leadership féminin audacieux, fondé sur le mérite, l’exemplarité et la volonté de repousser les limites imposées aux femmes au Bénin.
Présidente de l’association « Femme Épanouie » et dirigeante de la société Gecah Events, elle livre, dans cet entretien exclusif accordé à notre rédaction, sa vision d’un leadership ancré dans l’action et l’impact.
Entretien Exclusif avec Princesse BENNI "Sidonie " dans la série "APPARENCES" diffusée sur A+ Bénin
Journaliste : Bonjour madame Princesse Benni
Princesse Benni : Bonjour monsieur le journaliste
Vous êtes femme leader, actrice et présidente d'association. Dites-nous ce qui vous a poussé à choisir le métier d'actrice, et comment avez-vous réussi à vous imposer dans ce domaine compétitif ?
Il faut dire que, chez nous, l’art est un peu héréditaire. Je suis née dans une famille d’artistes : mon père et ma mère sont artistes. Mon père est chanteur, percussionniste et musicien dans un brass band de la place depuis plus de 30 ans. Mes frères et sœurs aussi en ont hérité . Certains sont musiciens.
Moi, ce qui m’attire dans le cinéma, c’est la possibilité de véhiculer des messages, d’interpréter et d’incarner des personnages, de devenir quelqu’un d’autre que moi. J’aime le cinéma pour la comédie, pour le drame… bref, pour pouvoir vivre plusieurs vies.
Je n’ai donc pas été poussée à choisir : c’était une passion. C’est héréditaire.
Est-ce que je me suis déjà imposée ? (Rires) On va dire que cela s’est fait par le travail et avec le temps : le temps de l’accomplissement. Apparemment, beaucoup de personnes ne m’ont découvert qu’à travers « Apparences », mais je travaillais déjà depuis les années 2010. À l’époque, il n’y avait pas beaucoup de projets, donc j’étais dans les documentaires, les courts métrages et les publicités.
Mon dernier projet a été un long métrage en 2015, qui a remporté un prix au FESPACO. Après cela, j’ai arrêté le cinéma parce que je considérais que ce n’était pas un domaine assez rémunérateur et je manquais de projets. Je me suis donc tournée vers d’autres activités. J’ai créé mon agence de marketing qui a eu 10 ans récemment et a évolué aujourd’hui dans la fintech.
C’est un concours de circonstances qui m’a ramenée au cinéma en 2024, lorsque je suis tombée sur le casting de la série « Apparences » grâce à un ami. Quelques semaines plus tard, je commençais le tournage.
Je dirais que je me suis imposée grâce au travail. Quelques-uns me connaissaient déjà, et lorsque le casting a été lancé, mon profil correspondait et le bon jeu a suivi.
Si j’ai réussi à impacter le public à l’écran, c’est grâce au travail et au talent. Le travail acharné de toutes ces années pour peaufiner mon art, et ce talent qui était, au départ, un diamant brut que j’ai appris à façonner.
Vous avez incarné le rôle de Sidonie dans "APPARENCES". Qu'est-ce qui vous a attirée dans ce personnage, et comment avez-vous préparé ce rôle ?
Ce qui m’a attirée dans ce personnage, c’est la femme forte. C’est une femme qui dirige, qui impose son équilibre. Je n’aimais pas trop son côté prêt à tout, parfois dur ou méchant, mais ce que j’appréciais, c’était cette femme qui ne se laisse pas faire, qui renverse les obstacles sur son chemin pour atteindre ses objectifs.
Comment je me suis préparée à ce rôle ? J’ai puisé dans mon vécu, mais aussi dans celui des personnes autour de moi. J’ai pris le temps de comprendre le personnage à travers le scénario qui m’a été confié.
Nous avons travaillé le personnage dans les moindres détails, et au fil du tournage, il s’est affiné.
Vos rôles mettent souvent en avant la force et l'autonomie des femmes. Pourquoi est-ce important pour vous de représenter ces valeurs à travers vos personnages ?
Il faut dire que les rôles qu'on nous confie sont souvent liés à notre personnalité, à notre profil, à notre aura. Quand on me voit par exemple, avec mon allure, on perçoit une femme imposante, une femme qui prend sa place. Donc, naturellement, on me confie ce type de rôles.
Et c’est quelque chose d’important pour moi : représenter des femmes qui prennent leur place, qui n’attendent pas forcément qu’on leur ouvre la porte. Le leadership féminin est essentiel à mes yeux.
J’aime incarner des femmes qui s’assument, qui s’affirment et qui sont déterminées.
En tant que présidente d'association, comment utilisez-vous votre plateforme pour promouvoir l'empowerment des femmes et des jeunes filles ?
Le leadership féminin, d’abord, c’est montrer l’exemple. On ne se lève pas un matin en décrétant qu’on est leader. Ce sont les femmes des générations précédentes qui nous ont inspirées par leurs actes, leurs convictions, leurs combats, leur vision et les projets qu’elles ont menés. Ce sont elles qui nous ont un peu tracé la voie.
Pour moi, le leadership passe par les actes. C’est la manière dont j’impacte les personnes autour de moi. C’est aussi la façon dont j’accompagne les femmes, en essayant de les aider à sortir de situations difficiles pour reprendre leur vie en main.
Ce qui m'importe, c'est l’autonomisation des femmes et des jeunes filles.
Je donne l’exemple et je montre des modèles de femmes qui ont réussi, pour leur faire comprendre qu’elles peuvent en faire autant. Vous n’avez pas besoin de vous soumettre entièrement au patriarcat. Vous pouvez tracer votre propre chemin, devenir ce que vous voulez.
Il faut se donner les moyens d’atteindre ses objectifs et de réaliser ses ambitions. Nous essayons aussi de semer la graine des grandes ambitions , d’encourager ces femmes à rêver grand.
Quel genre de femme êtes-vous dans votre vie privée ? Quelles sont vos valeurs et vos priorités ?
Dans ma vie privée, je suis une femme tranquille et douce. Une jeune femme qui aime la vie, qui profite de ses proches, de son argent, de son mari et de ses enfants. Je suis quelqu’un de plutôt calme et réservée.
À la maison, je suis le chouchou de mon mari. Entre amies, je suis celle qui amuse la galerie, celle qui raconte les histoires, les petits potins. Oui, souvent, c’est moi qui dévoile tout. Voilà un peu le genre de personne que je suis.
Au travail, je suis une cheffe qui fédère. Je travaille dans le marketing et la fintech, et je rassemble différentes équipes, qu’elles soient masculines ou féminines. Je suis une femme de leadership, capable de mobiliser les équipes commerciales pour atteindre les objectifs fixés.
Je suis à la fois ferme et bienveillante, un peu comme une mère : exigeante, mais toujours avec une part de douceur.
Avez-vous des points communs avec le personnage de Sidonie que vous incarnez dans "Apparences" ? Si oui, lesquels ?
Mes valeurs, avant tout, sont le travail et la dignité. Je suis quelqu’un de profondément digne.
Le point commun avec Sidonie, c’est justement la dignité et la fierté. Je suis très digne et fière. Donc, je dirais : travail, dignité et fierté.
Je suis aussi téméraire. Dans la vie, je fais preuve de courage et j’ose avancer. Je suis à la fois une femme forte et parfois vulnérable : j’ai ces deux facettes en moi.
Je suis une femme de combat, une femme qui fait face. Mais à la maison, je redeviens un peu comme un bébé auprès de ceux qui m’aiment et qui sont tendres avec moi.
Quelle est la différence fondamentale entre vous et Sidonie dans votre vie privée ? Comment gérez-vous les situations où votre personnalité et celle de Sidonie se heurtent ?
La différence fondamentale, c’est que moi, je suis Princesse Benni, une personne avec des valeurs. Je ne suis pas quelqu’un qui va prendre le mari de sa copine de sa sœur et. autre. Je ne suis pas quelqu’un qui va manigancer pour nuire à son mari ou à ses proches. Je n’aime pas faire du mal aux autres, et je déteste l’injustice.
Il y a donc une nette différence entre Princesse Benni et Sidonie à ce niveau-là.
Non, je crois avoir fait de bons choix dans ma vie. Je ne peux pas me retrouver dans les situations dans lesquelles Sidonie s’est retrouvée. Cependant, si cela devait arriver, je saurais prendre mes responsabilités, mais toujours avec grâce, sans heurter ni causer de dommages aux autres.
Je n’aime pas briser les gens ni leur nuire. Ce n’est pas dans ma nature. Donc, forcément, ma personnalité et celle de Sidonie entrent en opposition.
Après, je ne sais pas vraiment ce que vous pensez de Sidonie, mais c’était aussi une bonne personne, à sa manière. Il faut savoir nuancer.
Quel genre de mère et de femme êtes-vous dans votre vie privée ? Comment conciliez-vous votre vie professionnelle et votre vie familiale ?
Alors moi, je suis une mère aimante. J’ai des règles, et lorsqu’elles sont respectées, je donne beaucoup d’amour.
Ma vie professionnelle et ma vie de famille… il faut trouver le juste milieu. Il est important d’équilibrer le temps de travail et le temps consacré à l’amour à la maison, parce que les deux vont de pair .Si tu n’as pas un bon équilibre personnel, tu ne pourras pas non plus être performante au travail.
Il faut donc prendre le temps de recharger ses batteries émotionnelles, de donner de l’amour autour de soi et d’en recevoir. Trouver du temps pour les siens est essentiel.
Moi, je trouve ce juste milieu. Je suis une femme qui aime travailler, mais qui aime aussi sa famille. Je pense que c’est cela qui crée l’harmonie, parce que l’un sans l’autre, on n’est pas en équilibre avec soi-même.
Qui est votre modèle de leadership féminin, et pourquoi ? Comment inspirez-vous de cette personne ?
Mon modèle de leadership est ma mère.
Cette femme n’a peut-être pas eu les mêmes opportunités que nous, mais dans son milieu, elle était vraiment reconnue. C’est une femme qui fait du bien autour d’elle, une femme forte. Elle a élevé de nombreux enfants toute seule et en a adopté d’autres qui n’étaient pas les siens.
C’est une femme généreuse, qui résout les problèmes de tout le monde et qui a avancé sans homme jusqu’à la fin de sa vie. C’est un modèle de leadership qui m’a beaucoup impactée.
Aujourd’hui, j’avance avec la force qu’elle m’a transmise.
Pour moi, il faut défoncer les portes. Mon modèle de leadership aujourd’hui n’est plus d’écraser le genre masculin. Nous devons composer pour atteindre nos objectifs, mais il ne faut pas que le patriarcat nous barre la route. Si une femme a des envies, des projets, une vision, et qu’il existe des lois, des conditionnements ou tout un système mis en place pour l’en empêcher, alors il faut briser ces barrières et avancer.
Voilà, en quelques mots, mon leadership féminin.
Quels sont vos projets à venir, et comment comptez-vous continuer à inspirer et à impacter positivement votre communauté !?
J’aimerais continuer dans le cinéma, interpréter des rôles, parfaire mon art et avoir une carrière internationale. Cela m’intéresse parce que j’aime profondément le cinéma. J’aimerais prêter mon corps et mes émotions à différents personnages et vivre de cet art.
Pour mon autre carrière professionnelle je vais grandir mes affaires. J'ai le lancement de ma carte bancaire prépayée bientôt et ainsi de suite .
Dans le social plus je deviendrai une femme de tête. Plus je progresserai, plus j’aurai à inspirer et à accompagner d’autres personnes. Je suis disponible et disposée à toucher des vies et à soutenir les femmes qui entreprennent, celles qui sont au foyer, ainsi que les jeunes filles déscolarisées.
Je souhaite œuvrer pour la réinsertion professionnelle, la formation et la liberté financière des femmes. Je veux consacrer mon temps à offrir des opportunités à ces femmes afin qu’elles puissent réussir leur vie.
Merci à vous de nous avoir accordé un peu de votre disponibilité
Entretien réalisé et transcrit par : Armand DANNOU

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